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QQQQQ5. DANS LES PROFONDEURS DE PINK LAKE CITYQQQQQ
1. LE DOSSIER VIOLET
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2. HELIOS
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3. LA DEMEURE D'ORAN
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4. LES ELEMENTS
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5. DANS LES PROFONDEURS DE PINK LAKE CITY
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6. LA REUNION DE CHIARA BOA
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7. LE POUVOIR DES AILES
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8. UN TRIO REMARQUABLE
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# Posté le mercredi 14 mars 2007 14:24

Modifié le mercredi 12 août 2009 11:07

Chapitre 1 : Le dossier violet



Le jour n'était pas encore levé, que déjà, les membres du Conseil Magique s'étaient réunit au dernier étage de la Demeure Blanche. Ils devaient être une dizaine, d'un âge assez avancé, seul un homme semblait ne pas avoir dépassé les vingt-cinq ans.
Tous avaient les cheveux en bataille, une cape noire mal mise et des cernes sous les yeux. De temps en temps, ils levaient leur tête d'un gros dossier violet et se regardaient, sans dire le moindre mot.
Les minutes avançaient et rien ne semblait se passer, pourtant, les membres du Conseil Magique donnaient l'impression d'attendre quelque chose ou quelqu'un qui n'arrivait pas.
C'est alors que des bruits de pas retentirent dans le couloir, et tous les membres du Conseil Magique sursautèrent.
Les pas se rapprochaient rapidement ; les talons claquaient contre le sol de marbre et s'arrêtèrent devant la porte. Une jeune femme entra dans la salle.
Tout la différenciait des autres sorciers présents.
Elle portait une robe blanche nacrée qui recouvrait ses hauts talons et un chignon blond d'une perfection inquiétante.
Ses yeux étaient de couleur vert émeraude et scintillaient grâce à un maquillage bien propre.
Dans une main, elle tenait le même dossier violet que les membres du Conseil Magique et dans l'autre une laisse, à laquelle était attaché un magnifique tigre blanc.
A son arrivée, les membres du Conseil s'étaient levés, en signe de respect et timidement, la femme vêtue de blanc leur avait demandé de se rasseoir.
Cette femme portait le nom de Clarisse Leblanc et la Demeure Blanche lui appartenait.
Elle se dirigea vers le fond de la salle où se trouvait, en bout de table, un très beau fauteuil blanc qui été resté vide.
A l'autre bout, un petit homme aux cheveux gris et à la moustache très dense s'était levé.
Lui aussi semblait avoir un statut supérieur aux autres membres du Conseil Magique puisqu'il possédait une chaise ornée de pierres précieuses de toutes couleurs et de toutes tailles.
Cet homme d'une cinquantaine d'année était Willy Prince, le Président du Conseil Magique.

- La réunion est officiellement ouverte, dit-il. Mlle Leblanc, nous vous écoutons.
Clarisse se leva de son fauteuil.
- Comme vous le savez tous, à la différence des Céhaimènes qui veillent au bon fonctionnement de notre monde, je veille également à ce qu'aucun évènement magique ne survienne dans le Monde des Sans Pouvoirs. Malheureusement, j'ai pu, tout au long de mes missions, constater que beaucoup d'évènements magiques se propageaient dans l'autre monde.

Tous les membres du conseil fixaient Clarisse et Willy Prince reprit la parole.

- Mlle Leblanc, doutez de vos pouvoirs seraient vraiment la chose la plus stupide que nous pourrions faire. Vous êtes la seule à vous rendre dans le Monde des Sans Pouvoirs pour le défendre et en plus de cela, vous vous battez pour Silaina. Cependant, je doute que notre terre regorge d'esprits assez médiocres pour utiliser la magie au delà de nos frontières...
- Il y a plus d'un esprit médiocre ici, reprit Clarisse en jetant un coup d'½il à l'homme de vingt cinq ans. Durant une mission dans le Monde des Sans Pouvoirs, je suis tombé sur un Corona. Aucune créature n'a les pouvoirs pour se téléporter. C'est quelqu'un qui l'a mis là et dans un but très précis.

- Admettons que vous ayez vraiment vu ce Corona, dit l'homme d'une vingtaine d'année, serait-ce une preuve suffisante pour nous assurez que, comme vous le dîtes dans votre petit dossier violet, il serait indispensable de recruter des Sans Pouvoirs et de leur faire dons de nos pouvoirs pour qu'ils puissent veiller sur leur monde ?

- Admettons qu'un jour, dit Clarisse, vous décidiez de quitter votre petit bureau au Conseil Magique, pour m'accompagner dans mes missions, où je risque ma vie à chaque seconde et que vous ouvrez vos yeux là où vous préférez les fermer, peut-être qu'à ce moment, vous auriez plus d'estime pour moi et pour mon travail et ne douteriez plus de mon savoir au point de vous demandez si je sais vraiment à quoi ressemble un Corona. Mais vous voyez Tom Black, je n'ai pas plus confiance en vous que j'ai confiance en un Corona qui est une affreuse petite créature mitomane.

- Pas de querelles voyons, lança le président sur un ton anormalement calme, nous sommes du même coté ! Ecoutons ce que Clarisse a à nous proposer.

- J'ai essayé de convaincre les Céhaimènes de se rendre dans le Monde des Sans Pouvoirs pour qu'ils puissent constater que je disais vrai, mais bien sur, comme vous le savez, aucun d'entre eux n'a envie d'y retourner. C'est pourquoi, prendre des adolescents et leur faire dons de certains pouvoirs pourraient résoudre beaucoup de problème et empêcher que quiconque se permette de pratiquer la magie là-bas.

- Et vous pensez certainement que ce sont des enfants qui vont intimider les sorciers ? demanda Tom Black.
- Ces adolescents, reprit Clarisse comme si elle ne l'avait pas entendu, me tiendrait au courant de tous les évènements surnaturels qui se passeraient dans le Monde des Sans Pouvoirs. A ce moment-là, je pourrais intervenir. J'ai assez de travail à Silaina pour me permettre de passer mon temps à surveiller des sorciers qui n'ont que des mauvaises intentions derrière la tête. En revanche, Tom, si vous décidez de vous occupez de cette tâche, je l'accepte.

Tom Black regarda Clarisse d'un air dégoûté.

- Apparemment non, dit-elle. Je m'en doutais. Depuis notre plus tendre enfance vous ne faite que vous opposer à moi. Je ne m'attends plus à un miracle de votre part pour approuver le moindre de mes projets.

- C'est sans doute parce que vos projets sont complètement irréfléchis ! répondit Black. Nos ancêtres se sont battus pour que nous puissions posséder une Terre. Il y a à peine quatre siècles, on brûlait les gens comme nous. Le peuple des Sans Pouvoirs n'a jamais manifesté la moindre sympathie envers les sorciers !

- Je pense qu'il n'a pas tort, Mlle Leblanc, reprit le Président. S'allier avec des Sans Pouvoirs et en faire nos partisans représente un risque trop élevé ! Certes, vos idées ne me semblent pas mauvaise mais nous nous battons pour préserver Silaina depuis plus de cinq cent ans. Nous devons donc par tous les moyens éviter de l'exposer à des Sans Pouvoirs. Je suis navré Mlle Leblanc, mais nous rechercherons une autre solution à ce problème.

Les membres du Conseil approuvèrent d'un signe de tête. En deux ans de carrière, c'était la première fois qu'un de ses projets échouaient. Le Président l'avait toujours soutenu auparavant.
Mais Clarisse n'était pas étonnée de la réaction de ce dernier, elle était elle-même consciente qu'il était dangereux de révéler Silaina à des Sans Pouvoirs.
Mais en raison des évènements qui se passaient chez eux, elle s'était convaincue qu'il n'y avait plus d'autres solutions.Les minutes passaient et personne ne reprenait la parole.
Le Président et les membres du Conseil Magique semblaient attendre une réponse de Clarisse...
Mais celle-ci venait de se rasseoir dans son fauteuil et avait replongé la tête dans son dossier violet en affichant un sourire en coin.
Tout à coup, un rugissement brisa le silence et fit sursauter les membres du Conseil.
Ce n'était en fait que le bâillement du tigre blanc de Clarisse qui était couché dans son grand panier de cristal, au fond de la pièce.

- Oui Tigrisse, lança Clarisse, sans quitter son dossier des yeux, tu peux te lever. La réunion est terminée !

Puis elle dirigea son regard vers les membres du Conseil Magique et en refermant brutalement son dossier violet, les fixa sans dire le moindre mot.
Son regard n'était plus celui qui scintillait comme auparavant, lorsqu'elle était entrée dans la salle de réunion.
A présent, il s'était assombri et semblait jeter des éclairs à quiconque le croisait. Puis quand elle se décida enfin à parler, elle lança ironiquement :

- Merci à vous tous pour votre soutien et votre attention, vous pouvez maintenant disposer ; j'ai du travail ! Vous pouvez également laisser les dossiers sur la table, ils ne vous seront plus d'aucune utilité à présent.

Sans plus attendre, tous se levèrent et se dirigèrent vers la porte d'entrée. Les membres du Conseil Magique quittèrent hâtivement la pièce, en saluant rapidement la Femme Blanche, à l'exception de Tom Black, qui lui fit part d'un bref sourire servant à lui montrer à quel point il était satisfait d'avoir fait échouer son projet.
Clarisse ne dit rien, toute réaction de sa part aurait contribué au bonheur de Black et elle voulait éviter cela à tout prix.

# Posté le mercredi 14 mars 2007 14:34

Modifié le lundi 06 août 2007 09:13

Chapitre 2 : Hélios



Une fois que tous les membres du Conseil avaient quitté la Demeure Blanche, Clarisse rassembla les dossiers qui étaient resté sur la table.
Elle jeta un coup d'oeilfranc;il par une des fenêtres et s'aperçue que le soleil commençait à se lever.
Elle regarda sa montre et vit qu'il était déjà 7h du matin.
A cet instant précis, une heure s'était écoulée depuis le début de la réunion, pourtant la Femme Blanche avait l'impression que l'entretien n'avait duré que quelques minutes.
Elle se dirigea vers le panier de cristal où dormait Tigrisse et détacha la laisse qu'elle avait encore autour de son large coup.
Cette divine créature était une femelle de quatre ans.
Elle appartenait à la race royale des tigres blancs de Sibérie.
Elle accompagnait la Femme Blanche dans toutes ses missions.

- Viens ma belle, dit Clarisse. Tu as besoin de manger un peu. Tu dois être épuisée.
Tigrisse répondit à l'appel de sa maîtresse, quitta sa couche et la suivit dans le long couloir.

Des dizaines de chandeliers étaient fixés sur les parois et trois magnifiques lustres, sculpté dans le même cristal que le panier du tigre, habillaient le haut plafond.
De chaque coté du mur, se trouvaient une demi douzaine de portes où était ancré à la place de la poignée, l'empreinte d'une main de femme.
Clarisse et son tigre arrivèrent au bout du long couloir et s'arrêtèrent devant un immense escalier, fait de marbre, comme le sol.
La Femme Blanche monta en amazone sur le dos de Tigrisse.
L'escalier descendait sur deux autres niveaux semblables au dernier étage.
Après quelques minutes de marche dans les couloirs de la Demeure Blanche, le félin s'immobilisa dans une immense cuisine.
Clarisse s'assit sur de grands coussins de plume à même le sol, devant une petite table de pierre blanche, en compagnie de son tigre.

- Hélios, vient nous apporter le petit déjeuner, lança Clarisse.

Une petite créature qui mesurait à peine une vingtaine de centimètre surgit de derrière un buffet.
Il possédait un pelage brun, de grands yeux bleu et des cheveux noirs longs et soyeux.
Il portait une petite cape rouge pailletée et poussait un petit chariot remplit de nourriture.
Il avait presque les traits d'un humain mais possédait également une mignonne petite queue pleine de poils qui lui donnait plutôt l'air d'un sympathique animal de compagnie.

- Ne m'appelez pas Hélios, répondit l'étrange créature d'une voix insupportable tant elle était aigue, mais Dieu Hélios. N'oubliez pas que je suis quand même le Dieu de la Lumière. J'aimerai donc que vous me témoigniez un peu de respect !

- Ce n'est pas parce que je t'ai trouvé dans un temple grec que tu es un Dieu Grec, répondit la Femme Blanche !

- Vous avez tort... Il est vrai qu'auparavant, j'ai toujours eu le sentiment que mes origines se trouvaient en Italie et que je m'appelais Alessandro ou Paolo ! Je me suis même sous-estimé en croyant n'être que le messager tant adoré des Dieux Romains, jusqu'à ce que je retrouve le chemin de mon pays natal et que l'on me restitue mon temple à Athènes !

La créature qui prétendait s'appelez Hélios était le Corona que Clarisse avait trouvé dans le Monde des Sans Pouvoirs. Comme tous les autres membres de son espèce, Hélios souffrait d'hallucinations et d'un grave complexe de supériorité.
Il se persuadait lui-même d'être un Dieu. Par la même occasion et grâce à son pouvoir de mythomanie, il arrivait à faire en sorte que les autres croient à ses mensonges.

- Dit moi Hélios, reprit Clarisse, cela ne te fais rien d'être considéré comme un esclave alors que tu es en réalité, le Dieu de la Lumière ?

- Je n'ai pas le choix, je dois vous obéir si je veux éviter la mort. Je vous ai reconnu, vous êtes Sélène, la Déesse Grecque de la Lune et vous êtes jalouse de mes pouvoirs Lumineux !

Le Corona posa rapidement la nourriture sur la table. D'un air furieux, il repartit derrière le buffet en poussant le petit chariot vide.

- Il ne me dira jamais qui l'a mis là-bas, dit Clarisse d'un air désespéré. Il m'invente à chaque fois autre chose.

Tigrisse regarda affectueusement sa maîtresse et lui donna un petit coup dans l'épaule avec sa tête.
Après le petit déjeuner, la Femme Blanche se dirigea vers le Hall d'entrée, suivit de près par Tigrisse.

- Non ma belle, tu ne peux pas m'accompagner. Je préfère que tu m'attendes ici, je n'en ai pas pour très longtemps.

Tigrisse se dirigea vers la grande porte d'entrée qui devait mesurer deux fois la taille d'un humain.

- Non je ne peux pas t'emmener, répéta-t-elle. Je vais à la Demeure d'Oran. Lughan est le seul à pouvoir m'aider. Quant à toi, il faut que tu surveilles le Corona. Il ne faut surtout pas qu'il s'échappe.

Le tigre se coucha sur le marbre froid et posa sa lourde tête entre ses pattes.
Clarisse le regarda, sans rien dire. Elle positionna sa main dans une empreinte semblable à celles du dernier étage.
Comme par magie, la porte d'entrée s'ouvrit.

- Mon dossier ! dit-elle. Tigrisse, tu veux bien allez me le chercher ?

Le tigre ne bougea pas d'un poil et ne regarda même pas sa maîtresse.

- D'accord, tu préfères bouder, reprit-elle. Je vais aller le chercher moi-même.

Clarisse s'aventura dans le grand hall et monta l'escalier.
Quelques minutes plus tard, elle revint avec le dossier.
Elle positionna à nouveau sa main dans l'empreinte et sortit de la Demeure Blanche.
La porte se referma de suite derrière elle.
La Demeure Blanche paraissait encore plus grande vue de l'extérieur.
D'immenses rosiers grimpaient le long des murs et toutes sortes de fleurs blanches poussaient de part et d'autre du grand parc.
Au loin, une horde de licornes couleur neige galopait sur les petites collines.
Andelme était l'une des plus belles régions de Silaina.
Elle était paisible, incroyablement belle et à l'abri de la civilisation.
Cinq siècles auparavant, la Demeure Blanche avait été construite dans ce merveilleux endroit et avait été le refuge de toutes les Femmes Blanches qui avaient précédés Clarisse.
La jeune femme eue à peine le temps de faire quelques pas que déjà, les licornes l'avaient rejoint. L'une d'entre elle se coucha sur le sol et Clarisse grimpa sur son dos.

- Merci ma jolie. Il faudrait m'emmener à la Plate Forme la plus proche.

La jument se cabra et se lança au triple galop, suivit de près par le reste de la horde. Clarisse maîtrisait très bien l'équitation.
Elle tenait dans une main, une touffe de la longue crinière argentée de la licorne et dans l'autre, son dossier violet.
Après un instant de bien-être sur le dos de la licorne, Clarisse descendit de sa monture et lui tapota l'encolure.
Le groupe d'équidé fit demi tour et repartit au petit trot.
La jeune femme se trouvait à présent sur une immense plaque ronde en gré. Tout autour d'elle étaient disposés des dizaines de plans représentant les différentes régions de Silaina.
Elle s'approcha d'un panneau où été inscrit : « Région de Falaida ».
Les plates formes étaient nombreuses puisqu'elles permettaient aux sorciers de se rendre d'un endroit à un autre de Silaina en se téléportant en toute sécurité.
Elle se positionna devant le panneau et disparue en l'espace d'une demi seconde.

# Posté le jeudi 15 mars 2007 12:07

Modifié le lundi 06 août 2007 09:13

Chapitre 3 : La Demeure d'Oran



Clarisse venait de se téléporter devant un immense portail de couleur noir.
Elle tenait toujours son dossier violet.
Elle s'approcha des grilles, plaça ses mains sur les barreaux et ferma les yeux.
Après quelques secondes d'immobilité, elle souffla tout doucement sur la lourde porte qui s'ouvrit aussitôt.
Elle se trouvait à présent devant un grand parc rectangulaire, entouré par d'immenses haies fleuries.
La Femme Blanche pénétra dans une allée qui possédait de chaque coté, une cinquantaine de hauts menhirs abîmé par le temps.
Des dalles noires, de différentes tailles et de différentes formes étaient parfaitement disposées sur le sol.
Le chemin s'étendait sur plusieurs dizaines de mètres.
De temps à autre, un dolmen faisait office de porche.
La pelouse était impeccablement tondue.
La végétation était dense.
Il y avait des saules pleureurs, des chênes, des charmes ainsi qu'une multitude d'arbres fruitiers ; des oliviers, des figuiers et des pommiers.
Le décor était magnifique.
Au loin, dans une clairière, une licorne d'une couleur noire ébène galopait en toute liberté.
Ses sabots et sa corne dorée scintillaient sous les rayons du soleil.
Non loin de la divine créature, de grands rochers s'élevaient à quelques mètres.
L'un d'eux possédait une entrée sur l'une des parois.
Clarisse poursuivait son chemin et passa sous un tilleul où un grand abri pour oiseaux avait été aménagé.
Cependant, il semblait ne pas avoir servi depuis longtemps.
A en juger le décor, les oiseaux préféraient s'abriter dans des nids plutôt que de s'installer dans ce palais de bois.
Enfin, l'on pu apercevoir une magnifique demeure au toit arrondi, construite avec d'immenses pierres.
L'habitation avait été bâtie sur un plan d'eau parfaitement limpide.
Elle s'élevait sur trois étages.
Un escalier long mais étroit traversait le bassin et menait vers une porte aussi large que haute.
D'immenses rosiers pourpres grimpaient le long de deux colonnes qui se trouvaient de chaque coté de l'entrée.
Ces fleurs rendaient presque illisibles, des runes qui y avaient été gravés.
Sur la droite et sur la gauche de la bâtisse se trouvait une tour à peine plus haute que la demeure elle-même.
Le seul détail étrange était qu'aucune fenêtre n'avait été construite sur le pavillon.
Dès que Clarisse posa son pied sur la première marche de l'escalier, l'eau du bassin s'éclaircit.
Elle frappa à la porte.
Un homme d'une quarantaine d'année vint lui ouvrir.

- Clarisse ! dit l'homme. Je ne t'attendais pas si tôt.

- La réunion a été plus courte que prévue. Prince a catégoriquement refusé le projet à cause de Black, répondit Clarisse.

- Black était là aussi ? demanda-t-il étonné.

- Oui. Depuis que Yuan Su a pris sa retraite, c'est lui qui le remplace !

- Entre, entre, reprit l'homme, ne reste pas sur le pallier.

Clarisse franchit le pas de la porte.
Elle poursuivit sa marche dans le long couloir, l'homme à ses cotés.
Une fois dans la demeure d'Oran, les murs, qui de l'extérieur semblaient dépourvu de fenêtres, abritait d'immenses baies vitrées.
Celles-ci offraient une magnifique vue sur l'un des domaines le plus célèbre de la région de Falaida.

- C'est curieux que Black occupe un poste aussi important à son âge, reprit l'homme.

- Pas tant que ça, répondit la Femme Blanche. C'est vrai que je ne l'aime pas beaucoup mais c'est un sorcier très puissant, sans doute l'un des meilleurs dans le domaine de la sceptologie.

L'homme à qui Clarisse rendait visite était Lughan Oran.
Il était son seul confident depuis qu'elle avait été choisit pour assurer la fonction de Femme Blanche.
Etant donnée l'importance de son poste, qui consistait à défendre le coté clair dans les deux mondes, elle avait préféré éloigner toutes les personnes qui auraient pu lui être infidèle à un moment ou à un autre.
Lughan était un ancien Céhaimène.
Il pratiquait impeccablement la magie celtique tout comme ses ancêtres.
Il était grand, avait une carrure imposante, les cheveux blonds et les yeux presque transparents.
Il était habillé avec une large cape noire qui flottait derrière lui sur le rythme de ses pas. Autour de son cou était suspendu un triskell ; le symbole de la Magie Celtique.
C'était un très bel homme, malgré quelques petites balafres dû à son ancien poste de Céhaimène.

- Ce n'est pas grave pour le projet, reprit Lughan. Après tout, on n'a pas besoin de leur accord. Viens, j'ai quelque chose à te montrer.

# Posté le jeudi 15 mars 2007 12:08

Modifié le lundi 06 août 2007 09:16

Chapitre 4 : Les éléments



Lughan et Clarisse pénétrèrent dans l'une des deux tours qui s'élevait sur quatre étages. Elle n'avait plus du tout le même aspect que de l'extérieur.
Elle était en réalité, une gigantesque serre.
Elle n'abritait pas moins d'une centaine de plantes de toutes tailles et de toutes couleurs, des pierres précieuses et au centre, un immense menhir où avait été sculpté une cinquante de marches pour se rendre sur les différents niveaux.
Une fois arrivé au dernier étage, Lughan reprit la parole.

- Il est de toute façon trop tard pour annuler le projet. J'ai déjà confectionné des armes pour les adolescents. Regarde !

Clarisse pencha sa tête au dessus d'un gros bol taillé dans de la pierre. Le récipient était rempli d'une eau bouillonnante où huit grosses billes reposaient sur le fond.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Clarisse.

- Des pierres, se contenta de répondre Lughan.

- Et c'est ça les armes ? demanda-t-elle d'un air étonné.

- Oui, répondit Lughan, mais attention, ne te fit pas aux apparences. Tu ne peux pas t'imaginer les pouvoirs qu'elles contiennent.

- Je peux en voir une de plus prêt ?

- Non, surtout pas, reprit Lughan affolé. Si tu en retires une maintenant, elle perdra tous ses pouvoirs. Il ne faut pas qu'elles soient exposées à l'air libre avant que la lune ait terminé deux fois son cycle.

- Tu transmets les pouvoirs par les astres ?

- Oui. Il n'y a pas de pouvoir plus fort que celui de la lune et du soleil mêlés ensemble.

- Comme si je ne le savais pas, reprit Clarisse un peu vexée. Et elles contiendront quoi comme faculté ? Je crains bien que des Sans Pouvoirs puissent se servir aisément de la magie. Puis, leur faire part de notre savoir personnel prendrait des années. J'aimerais que ce projet soit mené à bien très rapidement.

- C'est pour cela que je mets tous les pouvoirs dans les pierres. Une fois que le soleil et la lune auront fait leur travail, je leur transmettrais une âme à l'aide d'un rituel. Elles seront alors presque humaine et défendront les Eléments lors de leur mission.

- Les Eléments ?

- Oui. C'est comme cela que l'on appellera la communauté des adolescents Sans Pouvoirs qui seront alors nos partisans. J'ai travaillé sans relâche pour trouver des pouvoirs qui pourraient leur convenir. Je me suis alors rappelez que mon grand-père pratiquait une magie très ancienne. Elle consistait à n'utiliser que le pouvoir des éléments ; le feu, l'eau, l'air et la terre. C'est une magie extrêmement puissante. J'ai consulté des vieux grimoires et j'ai trouvé les rituels appropriés !

- Cette magie n'est plus pratiqué il me semble, répondit Clarisse.

- Non, le Conseil Magique l'a retiré de l'enseignement avant même que je commence mes études.
- Tu sais pourquoi ?

- Tout simplement parce qu'elle était trop compliqué, même dangereuse. Aucun sorcier n'avait réussit à la maîtriser correctement. La plus part d'entre eux se sont auto détruit en essayant de la pratiquer. Mon grand père avait trouvé une solution. Il fallait juste tenter d'en apprivoiser un. Les éléments ne sont complètent pas. Si un sorcier tentait de se servir des quatre en même temps, automatiquement, il allait se détruire. Un élément en détruit toujours un autre ; l'eau par exemple éteint le feu. Mon grand père était un Céhaimène, l'un des meilleurs de son temps. C'est lui qui m'a donné envie de pratiquer ce métier. Avec ses trois meilleurs amis, chacun se servait d'un seul pouvoir. Mon grand père pratiquait celui du feu.

- Tu veux donc transmettre les pouvoirs des éléments à travers les pierres ?

- Oui, un pouvoir par pierre.

- Pourquoi y'en a-t-il huit alors ?

- Quatre Eléments c'est peu pour défendre toute la terre des sans pouvoirs. J'ai donc pensé que huit ça serait l'essentiel. Nous recruterions quatre filles et quatre garçons. Nous prendrions une fille et un garçon pour assurer les pouvoirs du feu, puis nous ferions de même pour tous les autres éléments.

- Bonne idée, répondit Clarisse. As-tu réfléchis aux pouvoirs ?

- Bien sur, reprit fièrement Lughan. Mais ils seront longs à acquérir. Prenons l'exemple du feu. Au départ, le couple d'Elément qui obtiendra les pierres « feu » pourra traverser les flammes sans y être sensible et créer des cercles de protection autour d'eux. Tous les Eléments devront créer une complicité avec leur pierre puisqu'elles seront dotées d'une âme. Au fur et à mesure de leurs missions, les pierres et les Eléments gagneront des pouvoirs.

- Si je comprends bien, les pierres évolueront en même temps que les Eléments ?

- Oui, c'est exactement cela. Plus la pierre prendra du pouvoir, plus l'Elément évoluera dans le domaine de la magie. Cela lui permettra alors de se servir de ses propres ressources et non plus uniquement de la pierre comme au départ. Pour les évaluer, chacun des adolescents possèdera une carte de grades. Sur cette carte, il y aura vingt-cinq cases vides. Elles seront repartit dans cinq couleurs ; le blanc, quand ils seront dans le niveau le plus faible, puis le jaune, le orange, le rouge et le noir. Lorsque les vingt–cinq cases seront pleines, les Eléments auront atteint un degrés de pouvoir aussi élevé qu'un Céhaimène.

- Je doute que les adolescents puissent combattre les forces du mal juste avec les pouvoirs des éléments. Il leur faudrait quelque chose de plus spirituelle. Par exemple un pouvoir qui se passe à l'intérieur de leur corps afin qu'ils ne dépendent pas entièrement de leur pierre.

- Rien ne t'empêche de leur trouver un pouvoir secondaire que tu confectionneras avec l'aide des tiens.

- Je vais y réfléchir, répondit la Femme Blanche. En tout cas, tes idées me semblent très respectables. Mais qui va recruter les Eléments ? C'est une tâche que nous ne pouvons pas confier à n'importe qui. Je tiens vraiment à ce que ce projet reste secret. Aucun sorcier n'a envie de s'opposer à Prince.

- Va donc voir Kylian Jacob. Il ne te refuse jamais rien. De toute façon personne ne l'égal en matière de recrutement. La preuve, il t'a choisit.

Clarisse afficha un petit sourire gêné à Lughan.
Kylian Jacob était un très vieil homme qui recrutait les Femmes Blanches depuis des dizaines d'années.
C'est lui qui avait trouvé en Clarisse, la personne idéale pour exercer ce statut.
C'était il y a deux ans, alors qu'elle n'avait encore que 18ans.
L'on ne devenait pas Femme Blanche après avoir suivit un entraînement particulier ; on le devenait en possédant une multitude de qualités et de pouvoirs.

- Pourquoi pas, reprit maladroitement Clarisse ! Après tout, nous pouvons lui faire confiance et il s'y connaît bien dans ce domaine... Je vais allez le voir.

- D'accord, répondit Lughan en lui adressant un large sourire. Je compte sur toi.

Clarisse fit tomber le dossier violet qu'elle n'avait pas lâché depuis son départ de la Demeure Blanche.
Elle se baissa pour le ramasser, en même temps que Lughan qui frôla sa main.
- Pardon, dit Clarisse.

- Non c'est moi, désolé.

- Euh... je vais y aller. J'ai pas mal de pain sur la planche ! reprit Clarisse en bégayant.

- Oui bien sur. Contact moi dès que tu as du nouveau.

- D'accord, se contenta-t-elle de répondre.

Elle quitta la serre en trottinant dans les escaliers, sans adresser un regard à Lughan qui l'a fixait, immobile.

# Posté le jeudi 15 mars 2007 12:08

Modifié le lundi 06 août 2007 09:15